Onze pages de ce site évoquent les délais sans jamais poser la relation qui les gouverne. Elle tient pourtant en une égalité, et elle explique la plupart des plans de réduction qui ne donnent rien.
Le délai n'est pas le temps de travail
Dans la grande majorité des flux, industriels comme administratifs, le temps réellement passé à transformer le produit ou le dossier ne représente qu'une fraction du temps total de traversée. Le reste est de l'attente : entre deux postes, devant une validation, dans un stock intermédiaire. C'est ce que révèle une cartographie de flux, et c'est pourquoi acheter une machine deux fois plus rapide sur une opération qui pèse trois pour cent du délai ne change presque rien au délai annoncé au client.
La relation qui gouverne tout
La loi établie par John Little en 1961 énonce que, dans un système stable, le nombre moyen d'éléments présents est égal au débit moyen multiplié par le temps moyen passé dans le système. Sa portée est générale : elle ne suppose aucune hypothèse sur la façon dont les arrivées se répartissent. Appliquée à un atelier, elle dit qu'à débit constant, le temps de traversée est proportionnel à l'en-cours. Limiter le nombre de dossiers ou de pièces lancés en même temps raccourcit donc le délai de façon mécanique, ce qui est la justification chiffrée des plafonds d'en-cours et du kanban.
Charger à cent pour cent garantit l'attente
Un poste utilisé à cent pour cent de sa capacité n'a aucune marge pour absorber la moindre variation, et les files qui se forment devant lui ne se résorbent jamais. La théorie des files d'attente montre que le temps d'attente ne croît pas régulièrement avec le taux de charge : il s'envole à l'approche de la saturation. Une planification qui vise le plein emploi des ressources produit donc des retards, non par mauvaise exécution mais par construction, comme le rappelle notre page sur la planification.
Promettre une moyenne, c'est être en retard une fois sur deux
Un délai s'engage sur une distribution, pas sur une moyenne. Annoncer le délai moyen revient à tenir la promesse dans la moitié des cas. Mesurer la dispersion, puis s'engager sur un percentile élevé, coûte quelques jours affichés et supprime l'essentiel des litiges.









